Posté le 07.07.2007 par atchenroute
nécessaires contre les bruits de fantômes et de brigands. Je vous raconte pas la nuit que j'ai passée... Il faut dire que j'avais pris une drole d'option : les boules quies pour avoir la paix de l'esprit (et ne pas sursauter à chaque bruit) et l'opinel pour me défendre, au moindre bruit suspect... que je ne pouvais pas entendre... hem, oui, vous savez, quand l'imagination travaille, on n'est plus tout à fait logique. Enfin j'ai pas dormi, quoi.
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Posté le 07.07.2007 par atchenroute
sauvage et indomptée... C'est beau ça, hein ? Ca pullulait de petits canetons en tous genres et de foulques et de poules d'eau (au fond, je ne vois pas trop la différence, mais y'en avait !)
Posté le 07.07.2007 par atchenroute
... comme moi! Le fameux sept du sept deux mille sept ou j'ai tout vu, tout vécu... Il a fait beau, seul jour de soleil sur les 14 premiers! Ca m'a permis de faire une belle photo pour vous !
Posté le 05.07.2007 par atchenroute
Je ne vous avais pas menti! Enfin si, allez, j'avoue ! Ca fait 22 jours, maintenant que je me cache dans un vieux troquet des Ardennes, entre deux saucisses seches et trois chasseurs avinés, d'ou je vous écris toutes ces affabulations sur mon supposé chemin... Je vous ai bien eus !
Posté le 04.07.2007 par atchenroute
Waouu : un créneau soleil! Toujours le premier jour, au sommet d'une des nombreuses collines que je devais gravir. Je venais de passer une demi heure à récupérer mon souffle dans un cabanon de bûcheron ou j'ai failli m'arrêter pour la nuit tellement, j'en pouvais plus en ce premier jour de Bohemian Rhapsody
Posté le 04.07.2007 par atchenroute
Paysage test photo... C'était l'époque où je ne savais pas encore que mes piles avaient une durée de vie de 2 jours et demi (plus ou moins)! A l'époque je pensais encore qu'il ferait beau, cet été !
Posté le 04.07.2007 par atchenroute
Atchè débute, toute blanquette encore et un peu impressionnée, comme il se doit. C'est le premier jour, tout de même !
Posté le 22.07.2007 par atchenroute
Mes très chers, me voici enfin de retour, avec des milliers de choses à vous partager...J'ai ma petite liste, en espérant pouvoir tout vous dire... Je vais essayer de trier le plus marquant ! Tout est si différent, j'en ai encore vu de toutes les couleurs depuis ma dernière connection! Alors prêts ? On y va !
Une suite de bonnes rencontres
Comme je vous disais, on n'arrête pas d'en rencontrer, des gens, de toutes les couleurs, de tous les styles, de toutes les formes et de tous les âges. C'est passionnant et surtout sans ça, ça ne vaut pas le coup !
Les soeures de Montbrison et la médecine à domicile[/u] : Comme je vous l'avais dit, j'ai fait une étape tourmentée au monastère. Je sentais ce genou qui ne daignait pas se remettre et qui jouait les mauvaises têtes ! Le carrefour était fatal : je repars et je risque de me griller définitivement le tendon ou je reste là à trainer comme une âme en peine. Au moment ou vraiment ou je ne voyais plus clair et que je ne trouvais pas l'action juste, perdue quelque part sur le chemin, je vois arriver à l'hotellerie du monastère un couple de pèlerins dont la dame était médecin et avait entendu parler de mes misères sur le chemin. Avant même de me voir, elle avait acheté tout le nécessaire pour me soigner et d'un air convaincu m'a relancée le lendemain sur le chemin me recommandant de courtes étapes ! Vous voyez ? Faut juste demander en fixant très intensément le ciel et... on reçoit ! Je me suis sentie ce jour là tellement rassurée et pleine de gratitude que je crois bien qu'il y avait des étincelles qui sortaient de mes yeux... Merci encore, Anne-Marie et Pierre, figurez-vous que mon bandage dont je prends grand soin est toujours en place... Je joue au record du monde du bandage le plus sale et le plus puant, gardé le plus longtemps, mais qu'est-ce qu'il était bien fait ! Votre rencontre a été une petite lumière sur mon chemin !
Un peintre en ébulition : Le lendemain de mon redépart, j'ai été accueillie par une personnalité hors du commun... Un peintre de 69 ans, qui retappe sa maison, aveugle d'un oeil et myope de l'autre et qui a pourtant un coup de pinceau tout en précision et en sensibilité, une énergie hors du commun, un gout pour la vie exceptionnel. Dans sa maison encore en chantier, il m'a accueillie comme une (petite) fille, tout en papotant, distrait et passionné au point que je me suis retrouvée aux fourneau et à la vaisselle comme dans ma propre maison, à l'aise et épanouie. Et ça, il l'a fait pour le plaisir d'accueillir, de rencontrer, il ne m'a pas laissé lui donner un rond quand je suis repartie le lendemain... La vie est gratuite, au fond, on ne paie pas pour être là !
Edith et Willy ou la pause dolce vita : Et oui, quelques jours après seulement, je retrouvais mes supers cocos, Edith et Willy en vacances douceur à quelques dizaines de km de mon chemin. J'ai eu la joie de partager une salade de gésiers aux chaussons au st Nectaire, le rythme des siestes et biberons, pour une journée, m'a convenu à merveille! Le déjeuner qui s'éternise sous le parasol, le pti café chocolat qui traine tout l'après-midi et les jeux de société, j'avais oublié que ça existait ! Pour un instant, laisser se reposer mon "pti débrouillard" qui fonctionne plein gaz pendant cette aventure...trouver ou dormir, trouver de quoi manger, me protéger du soleil, des mauvais gens, bien dormir, dépenser peu, veiller sur mon genou ...Il a fait dodo, celui-là, il a récupéré ! Mmmmh ! J'ai même eu le plaisir de partager une étape avec Edith le lendemain, une vraie étape du Chemin avec la vraie balise à suivre (et ça c'est défi!), parfait !
Couple de pèlerins "gaveurs" dans un gite : voilà quelque chose qui depuis le Puy en Velay, départ d'une 50aine de pélerins par jours en été ne me parait plus du tout exceptionnel mais, là, la semaine passée, quand j'ai rencontré Marie-Odette et Jacky qui s'exercaient pour faire le chemin en aout et que, pour la première fois, je n'ai pas dormi toute seule dans le gite, là, j'en ai plein le coeur. Le plaisir de partager le pic-nic, d'entrer en contact comme ça, tout simplement, comme s'il n'y avait rien de plus naturel, c'est assez exceptionnel!
Toutes ces rencontres, c'est à chaque fois tout un monde qui s'ouvre, un éclair d'intensité qui conduit à l'éclair suivant. Je découvre à travers ça le plaisir d'oser rencontrer et d'oser quitter, de donner sans retenue et de recevoir sans retenue, d'arrêter de donner quand c'est fini et de ne plus recevoir sans inquiétude de manquer. Tout arrive quand j'en ai besoin ! C'est magique, je vous dis !
Tout est différent !
Le soleil: En tournicotant dans ma tête toutes les choses que je voulais vous dire comme je fais toujours dès que je n'ai plus écrit depuis un moment et que l'envie me prend de partager, j'avais pensé vous dire à quel point mon chemin ensoleillé n'avait rien avec celui où j'ai les yeux cadrés par ma cape et et fixés au sol dans les flaques d'eau. Et c'est vrai, mes quatre plus beaux jours de marche ont été ceux ou je me suuis élancée sous un ciel immense et bleu, vers un horizon dégagé, le nez au vent. A la place des limaces et des corneilles, des lézards brulants et des papillons multicolores. RIEN A VOIR, je vous dis ! J'ai meme eu le privilège d'un bon vent qui vous fait partir l'imaginaire en vrille et l'humeur en fleur ! Tout ça, quand on est seule, c'est pas la solitude, c'est être justtte un humble élément dans ce décor sacré.
Le Puy en Velay : Mais avec le temps qui passe j'ai aussi découvert un autre "tout est différent" ! Ce chemin n'arrête pas ses surprises. Ya pas deux jours les mêmes. En effet, je vous le disais, depuis le Puy en Velay mon chemin n'a plus rien à voir. C'est un autre concept, une autre expérience. La ou je devais sans cesse me débrouiller seule et compter sur les locaux pour un oui ou pour un non, je compte maintenant sur les autres pélerins. Un pélerin, depuis le Puy, les gens savent ce que c'est, c'est souvent un revenu, mais pas nécessairement quelqu'un avec qui partager un moment. Tout est prévu pour prévenir les moindres besoins du marcheur, jusqu'au petit café au milieu des champs. Je regrette vraiment les échanges insolites d'avant, l'aventure qui me pousse à me dépasser constamment, l'absence de sentiers battus, les opportunités à créer, voire à forcer. Mais je suis touchée pr cette petite communauté nomade que constituent les pélerins. Il n'y a plus de frontières de nationalité, d'age, de métiers ou de milieux sociaux, il n'y a que des gens en route, qui se débrouillent tant bien que mal avec leur poids sur le dos et/ou dans le coeur, leur bobos. On se refile tout entre nous, c'est impossible de manquer de quoi que ce soit, on se soutient parfois sur plusieurs jours, dans cette longue progression qui va dans le même sens pour tout le monde... Très unique, comme ambiance, très précieux !
Festival d'anecdotes !
Allez, il me reste un peu de temps, je ne résiste pas à vous envoyer un petit échantillon des flash insolites de ma route.
Vipère grenouillère : Au détour d'un chemin, à l'époque ou je me balladait encore seule dans les bois et les pierriers, je me suis trouvée nez à nez avec une vipère qui déguistait tranquillement une grenouillette. Brrrr Je me suis figée de peur ! Pas de doute, cette couleur argentée et cette tete triangulairer d'une tueuse, elle était à un mètre de moi au milieu du chemin. Dans une longue seconde d'hésitation, elle a fini par lâcher sa proie qui s'en est allée mollement ne bondissant, sans doute un peu sonnée. Et le serpent, est passé à quelques centimètre de mon pied pour regagner sosn repère. J'étais tout bonnement paralysée ! Et j'ai bien cru rester calée là. Quand j'ai raconté ça à des marcheurs, ils m'ont donné leur aspi venin en me faisant des gros yeux inquiets ! Je vous avoue qu'après l'avoir trimballé quelques jours, j'ai fini par ne faire don dans une gite ou l'autre... mmh heu, je compterai sur ma bonne étoile ou je me trancherai le bras (heu, ben, oui....! :)
Retrouvailles paternelles indirectes : Mon papa, qui a fai le chemin de st jacques en entier et en trois mois l'an passé m'a parlé de deux ou trois choses en tout pour résumer son voyage (selon son habitude helliptique !!) et notamment d'un couple qui s'était rencontré sur le chemin et qui avait décidé d'organiser toute sa vie pour accueillir des pélerins. Et il se fait que sans le savoir, je suis aller loger justement chez ces gens qui avaient le coeur sur la main. Ils ont acheté une maison exprès sur le chemin et l'ont aménagée pour pouvor accueillir tous les sooirs une dizaine de pélerins. Mais quand je dis accueillir, je ne mache pas mes mots, ils vous recoivent avec un repas de fete et vous consacrent toute leur soirée, pour le seul plaisir de vous rencontrer. J'avais rarement mangé aussi bien un soir de marche ! Et tout ça avec une réelle gratuité ! Vous participez aaux frais si vous le pouvez, si vous le voulez. Vous n'imaginez pas comme c'es touchant. Enfin bref, je me suis immédiatement souvenu de cet endroit dont m'avait parlé mon père et en recherchant dans les archives de leur livre d'or, on a retrouvé le mot plein de reconnaissance qu'avait laisssé mon papa, ainsi que sa photo, dans cet endroit magique... Hahahhaaa ! J'ai eu un effet de fantôme aux milieu des montagnes !
Les bubons de la peste : Très pratique mais non moins intriguant, (ames sensibles, s'abstenir) j'ai été victime d'un phénomène bien étrange. Vous n'ignorez pas qu'il y a de ça quelques jours je m'étais fait cramer lors du seul jour de soleil de ma première quinzaine. He bien figurez-vous qu'en marchant j'ai vu apparaitre des cloques de transpiration en dessous de ma peau... Je me suis retrouvée avec une peau de lépreuse plutot inquiétante...Avec mon bandeau sur la tete en guise de chapeau de soleil, je crois que j'ai effrayé pas mal de monde sur mon chemin. Je cadrais très bien en tout cas avec l'image du pélerin médiéval lépreux qui va implorer une guérison miraculeuse auprès du grand Saint ! Héhé
Joies matoooos : J'ai découvert dans un éclat de joie et après environs 15 jours de drache que mon sac disposait d'une housse contre la pluie intégrée dans un tout petit endroit discret ! Piou, ce sac est décidément une vraie bénédiction et je n'arrete pas de recevoir des ces éloges pour son coté pratique et son design discret. D'autre part, j'ai aussi reçu une nouvelle pairer de chausson pour me baton que j'use encore dix fois pllus que la semelle de mes godasses ! Ben oui, vu mes handicaps nombreux et répétitifs...
2 rangs 8 basses en fête : Au bout d'une magnifique étape, le fameux jour d'acceuil par le couple d'anciens pélerins (Marie et Jean Marc et leur fils Thibaut), j'étais toute repue d'un merveilleux repas et de rencontres en tous genres après des jours de solitude, voilà pas que j'apprends qu'il y a fête au village ce soir-là !! Ahaaa mais la fete, dans ces coins là, ca sent vite.... je vous le donne en mille..... l'ACCORDEON ! Je trépignais déjà d'impatience. Et ben en effet je me suis offert deux heures de concert gratoooos et festif sous les tilleuls du café du coin par deux frères accordéonistes qui jouaient sur les même accordéons que moi mais en 1000 fois mieux! J'étais aux anges... J'aurais bien pianoté quelques notes mais j'aurais du interrompre le bal improvisé qui s'est formé en plein milieu du seul carrefour du village ! Waouuuu !
L'aligot, spécialité du coin : ce midi j'ai gouté, dans un pti resto de l'Aubrac (plateau desertique et profondément splendide. Plaine immense et séchée, steppe quadrillée de murets en vieilles pierres ou paisse l'aubrac, élégante vache aux yeux gracieusement maquillés et à la queue à plumet) un aligot. C'est un truc parfait pour les pélerins : une purée élastifiée par de la tome fraiche et fondue... Ca tient au corps, ça je vous le dis et c'est délicieux !
Bon, on rigole on rigole, mais le temps passe, je dois vous laisser, à regret. J'ai confié à Edith quelques photos que je n'arrive pas à vous envoyer moi même... Je les commenterai à ma prochaine connection. Envoyez-moi de vos nouvelles, chers poulets et surtout passez un bel été !
Posté le 11.07.2007 par atchenroute
Hé ! Mes tendres suporters !
Me voici de retour par un accès d'internet (vous savez, comme un accès de fièvre) gratooos depuis la gentille ville de Montbrison ! Normalement j'ai tout le temps que je veux... Ca va chier !
Alors, évidemment avec les premières difficultés viennent les premières leçons et je les trouve très belles, mes leçons!
Leçon 1 : Qui va piano va sano
Après avoir fait deux jours de repos à Saint Haon le Chatel j'ai repris la route. Parce que, quand même, ce qu'il y a de drôle dans le métier de pélerin* c'est quand même de marcher. Bon, je ne suis déjà pas la plus grande fervente de tourisme mais vite, au bout de deux jours, j'ai les jambes qui me démangent.
Malheureusement, le genou démange toujours un peu aussi. C'est pas la cata mais le médecin qui m'a vue deux minutes m'a quand même diagnostiqué une tendinite naissante qu'il faudra prendre au sérieux si je veux arriver au bout. Enfin, puisqu'il m'a conseillé d'essayer de marcher un peu pour voir si ça persiste, je me suis fait hier une étape de 10 km tout petit piam piam. Aujourd'hui rebelotte, 15km en 4h... tout doux. Le reste je me débrouille en stop, en priant polimant les gens de m'emmener à destination.
Et là, mes gens ! C'est tout nouveau comme sensation ! Je fais moins la fière à vouloir faire des perfs' à me braquer sur l'arrivée, à foncer comme un lièvre sans prendre le temps de voir ou je suis. Non, non, petite, pô le choix, faut profiter !! Et quand c'est le corps qui vous y oblige, c'est tout de même convainquant ! Et ben figurez-vous que ca a aussi son charme. Quand je sais que c'est peut-etre ma dernière étape, ou quand ça fait deux jours que je piétinne pour pouvoir marcher à nouveau, ça a un gout de glace au citron en pleine canicule ! Meme sous la pluie ! Faut croire qu'il fallait que je sois un peu handicapée pour comprendre ça !
Leçon 2 : Faut quand même être honnête: tout ça est destiné à foirer !
Non, mais c'est vrai. Faut pas croire, on ne contrôle rien sur ce chemin. Soit disant qu'on prend un sac tout pesé au poil près, pour maitriser au mieux les performances, rempli d'un matoooos technicooos tout bien pensé. Soit disant qu'on achète un guide "tout prévu" pour toujours savoir où on dort et où on mange. Soit disant qu'on s'entraine avant pour par avoir la moindre surprise physique... Non, non, tout ça c'est de l'illusion.
Le principe même du pélerinage, avouons-le, c'est de nager en plein imprévu, avec jamais le matos qu'il faut, sans jamais savoir ou va dormir ni si on va bouffer, s'exposer à un maximum de risques en même temps, avoir personne de son entourage sur qui compter et en plus pas des masses de fric, en tout cas, quand on est parti pour 2 mois. Folie, je vous dis !
Et pourtant, c'est vraiment à ce moment-là, quand le corps lâche, quand on sait plus dormir ou, quand on a perdu LE élément essentiel de la panoplie du parfait pélerin, quand on se sent toute toute seule et toute toute petite pour faire face à tout ça, c'est à ce moment -là qu'on reçoit le plus. Les gens se démerdent tout à coup pour vous, retournent ciel et terre et vous trouvent ce qu'il vous faut. Pour ça, il me semble que ça a vraiment du sens de tout lacher. A un moment, je commence à me dire que "la Providence" ou "la Vie" ou "Je sais pas Qui qui veille sur moi" ou bêtement "la solidarité" s'arrangera toujours pour que ça se passe au mieux. Ca doit être ça, le sens de faire un pélerinage. Ca doit être ça, entre autres, qui pousse les gens à prendre de tels risques, à se démunir à ce point.
Par exemple, j'ai vu un brave vieux monsieur me donner la cape qui avait appartenu à sa femme, décédée il y a un an, en me disant qu'elle ne servirait plus et que j'en avais plus besoin qu'elle. J'ai été invitée par une jeune fille à manger, comme ça, sans rien demander, juste parce que j'en avais besoin. J'ai reçu des sacs poubelle (Baboo) et des parapluies, on m'a conduite à des dizaines de km juste pour me dépanner, on m'a offert du pain quand je suis arrivée juste à la fermeture de la seule épicerie à des km à la ronde... Et j'en passe... Ca fait illuminé, comme ça, mais je vous assure que quand vous êtes dedans, tout ça c'est l'essentiel et c'est vraiment touchant !
Météo
Bon avant de vous laisser, je vous livre un petit bulletin météo, une sorte de compilation de tout ce que j'ai entendu sur la route. En effet, environs toutes les rencontres que je fais commencent par deviser du temps et puis s'élancent plus ou moins loin... Et donc, d'après les paysans, qui sont ceux en qui j'ai le plus confiance, Y Fé POURRI JUSQU'AU 15 AOUT.
En fait, c'est savant. S'il pleut à la nouvelle lune (ce samedi 14 juillet) alors, il fera beau jusqu'au 15 aout. S'il fait beau temps, alors c'est la mèèèèrde, la poisse, la cata et la bouillasse jusqu'au 15 aout. Voilà. Et je ne vais pas vous cacher (pas comme les braves gens d'ici qui me prennent en pitié et qui n'osent plus me dire la vérité) qu'on annonce du beau pour le we... Bouhou... Enfin, ce sera déjà ça de pris.
Et en plus il fait beau en Belgique... C'est le monde à l'envers !
Prochains jours
Je suis arrivée aujourd'hui dans une grande ville ou j'ai pu acheter tout le petit nécessaire pour soigner mon genou. Je n'ai pas pu trouver de limace, malheureusement bien que l'idée m'ait beaucoup séduite...(En fait c'est faux, yen a des énooormes sur les chemins des grosses noires figurez-vous, des monstres ! Mais j'ai pô** osé me les appliquer sur le genou). J'ai fait le plein de tout en fait, j'ai fait mon petit écurueil ce qui est un peu contraire aux principes du voyager léger mais qui, pour un temps, fait du bien.
Je suis logée dans le Monastère Sainte Claire et, ô bonheur, pour la première fois depuis ma petite famille du Cergne (merci encore à eux... Merci pour ton message, Mathieu), je suis vraiment accueillie quelque part, il y a des gens, je peux parler. Je m'y sens vraiment bien et vu que mon genou ne semble pas encore se remettre et que les prochaines étapes doivent s'enfoncer dans la vraie montagne, et qu'il fait pourri, je pense que je vais encore rester ici la journée de demain.
Je ne partirai donc que vendredi pour, deux jours après, rejoindre mes supers cocos Edith et Willy et family... Vous imaginez pas comme je me réjouis ! Pouvoir enfin partager tout ça en direc' ! C'est la fête! Si vous me lisez, les gars, je vous contacte aujourd'hui ou demain pour qu'on se coordonne !
Bon, chers lecteurs, je vous embrasse de tout coeur et vous remercie pour votre suivi acharné ! Hésitez surtout pas à m'envoyer vos commentaires !
* Amis linguistes, bonjour, (Ili, Olin, Nomelin, Jolin ?). Celui de vous qui me résoud le problème du féminin du mot "pélerin" sans me parler de vieille cape je suis toutouille... Parce que j'ai déjà eu droit à quelques qui pro quo cocasses quand on fait des réservations par téléphone...
**Amis linguistes, re-bonjour : Vous remarquerez que je commence à prendre l'accent du coin. Je n'en suis pas peu fière... Dans les premiers jours on me repérait à 100 mètres et on se payait bien ma tête. Aujourd'hui, bon ya encore du progrès, on me prend pour une hollandaise ou kèkchôs comme ça;
Posté le 08.07.2007 par atchenroute
Bon, les super aminches !
!
Ca se corse...J'ai eu une suite d'aventures plutôt... déconcertantes ! C'est Bohémian Rhapsody version POOR GIRL ! J'ai que quelques minutes grapillées à l'adsl d'une gentille dame mais tout de même, c'est pô rien !
En un jour un seul, j'ai fait 31km... Jusque là, vous dites : pas trop mal. Hé oui, j'étais plutot fière de moi mais je dois avoir un peu forcé parce que j'ai obtenu une de ces salades de genou gauche (selon l'expression consacrée)... pas piquée des vers. Tout ça pour arriver à temps à un rendez vous d'hébergement (entre 6h et 7h qu'il disait le gars). En réalité, il n'est jamais venu le bonhomme. J'ai fini, à 9h par trouver une brave ame qui a été chercher le maire qui m'a ouvert cet endroit lugubre et désolé...
Ca c'est vraiment une épreuve, me retrouver seule chaque soir avec mille choses à partager et personne pour écouter mes salades. Et avec la pluie battante et incessante, pas question d'aller faire causette avec les gens sur le pas de la porte
Enfin, je vous dis la pluie, en fait, hier, il a fait grand beau temps et je m'en suis rissolé les pommettes et les épaules. On me donnait 20 ans, maintenant, on m'appelle la rose enfant. Vous voyez.
Mais je continue. Sur cette course haletante, j'ai perdu ma cape qui était le seul vêtement de pluie que j'avais avec moi (hé oui, les 7kg, c'est pas sans mal). Là, je me suis vraiment décomposée, surtout quand j'ai entendu que la semaine complète serait pluvieuse voire orageuse. Et jusque là, ça se vérifie. C'est déprimant.
Toujours est il qu'aujourd'hui, après avoir passé une nuit agitée( le couteau à la main... je crois que j'ai eu des visiteurs cette nuit dans mon gîte... ben oui, une enfant rose, seulette dans un grand gite de 25 personnes, c'est tentant), je n'ai pas pu reprendre la route tellement mon genou me fait mal. J'ai trouvé une brave ame qui m'a conduite à l'étape suivante histoire que je ne perde pas l'impression d'avancer. J'ai eu de la chance, il m'a même fait visiter le coin au passage, le gentil épicier !
Enfin, et puis j'arrête avec les mauvaises nouvelles (il parait que c'est toujours comme ça au 5e jour), j'ai la DIARHEEEEE. Ben oui, désolée pour les détails mais à mon échelle, c'est pas un détail du tout ! Quand on n'a pas de toilettes à proximité, c'est vraiment une épreuve. Tout ça parce que je mange et bois un peu n'importe quoi. En fait je n'ai mangé qu'une seule fois chaud depuis mon départ...Il va être temps de me soigner.
La suite des opérations, demain, je reste à St Haon le Chatel, magnifique petit village médiéval. Je me dorlotte et j'essaie de guérir cette pseudo tendinite. Je me cuis des pates sur mon pseudo réchau et je pense super fort à vous. Je ne repartirai que mardi, je pense.
Je vous embrasse, n'arrêtez pas de m'écrire ! Je vous lis et ça me donne des ailes et du courage pour les orages!
Bisoussss mes très chers
PS: Envoyez moi tous vos num de tel... Parfois j'ai tellement envie de vous entendre !