Mes très chers, me voici enfin de retour, avec des milliers de choses à vous partager...J'ai ma petite liste, en espérant pouvoir tout vous dire... Je vais essayer de trier le plus marquant ! Tout est si différent, j'en ai encore vu de toutes les couleurs depuis ma dernière connection! Alors prêts ? On y va !
Une suite de bonnes rencontres
Comme je vous disais, on n'arrête pas d'en rencontrer, des gens, de toutes les couleurs, de tous les styles, de toutes les formes et de tous les âges. C'est passionnant et surtout sans ça, ça ne vaut pas le coup !
Les soeures de Montbrison et la médecine à domicile[/u] : Comme je vous l'avais dit, j'ai fait une étape tourmentée au monastère. Je sentais ce genou qui ne daignait pas se remettre et qui jouait les mauvaises têtes ! Le carrefour était fatal : je repars et je risque de me griller définitivement le tendon ou je reste là à trainer comme une âme en peine. Au moment ou vraiment ou je ne voyais plus clair et que je ne trouvais pas l'action juste, perdue quelque part sur le chemin, je vois arriver à l'hotellerie du monastère un couple de pèlerins dont la dame était médecin et avait entendu parler de mes misères sur le chemin. Avant même de me voir, elle avait acheté tout le nécessaire pour me soigner et d'un air convaincu m'a relancée le lendemain sur le chemin me recommandant de courtes étapes ! Vous voyez ? Faut juste demander en fixant très intensément le ciel et... on reçoit ! Je me suis sentie ce jour là tellement rassurée et pleine de gratitude que je crois bien qu'il y avait des étincelles qui sortaient de mes yeux... Merci encore, Anne-Marie et Pierre, figurez-vous que mon bandage dont je prends grand soin est toujours en place... Je joue au record du monde du bandage le plus sale et le plus puant, gardé le plus longtemps, mais qu'est-ce qu'il était bien fait ! Votre rencontre a été une petite lumière sur mon chemin !
Un peintre en ébulition : Le lendemain de mon redépart, j'ai été accueillie par une personnalité hors du commun... Un peintre de 69 ans, qui retappe sa maison, aveugle d'un oeil et myope de l'autre et qui a pourtant un coup de pinceau tout en précision et en sensibilité, une énergie hors du commun, un gout pour la vie exceptionnel. Dans sa maison encore en chantier, il m'a accueillie comme une (petite) fille, tout en papotant, distrait et passionné au point que je me suis retrouvée aux fourneau et à la vaisselle comme dans ma propre maison, à l'aise et épanouie. Et ça, il l'a fait pour le plaisir d'accueillir, de rencontrer, il ne m'a pas laissé lui donner un rond quand je suis repartie le lendemain... La vie est gratuite, au fond, on ne paie pas pour être là !
Edith et Willy ou la pause dolce vita : Et oui, quelques jours après seulement, je retrouvais mes supers cocos, Edith et Willy en vacances douceur à quelques dizaines de km de mon chemin. J'ai eu la joie de partager une salade de gésiers aux chaussons au st Nectaire, le rythme des siestes et biberons, pour une journée, m'a convenu à merveille! Le déjeuner qui s'éternise sous le parasol, le pti café chocolat qui traine tout l'après-midi et les jeux de société, j'avais oublié que ça existait ! Pour un instant, laisser se reposer mon "pti débrouillard" qui fonctionne plein gaz pendant cette aventure...trouver ou dormir, trouver de quoi manger, me protéger du soleil, des mauvais gens, bien dormir, dépenser peu, veiller sur mon genou ...Il a fait dodo, celui-là, il a récupéré ! Mmmmh ! J'ai même eu le plaisir de partager une étape avec Edith le lendemain, une vraie étape du Chemin avec la vraie balise à suivre (et ça c'est défi!), parfait !
Couple de pèlerins "gaveurs" dans un gite : voilà quelque chose qui depuis le Puy en Velay, départ d'une 50aine de pélerins par jours en été ne me parait plus du tout exceptionnel mais, là, la semaine passée, quand j'ai rencontré Marie-Odette et Jacky qui s'exercaient pour faire le chemin en aout et que, pour la première fois, je n'ai pas dormi toute seule dans le gite, là, j'en ai plein le coeur. Le plaisir de partager le pic-nic, d'entrer en contact comme ça, tout simplement, comme s'il n'y avait rien de plus naturel, c'est assez exceptionnel!
Toutes ces rencontres, c'est à chaque fois tout un monde qui s'ouvre, un éclair d'intensité qui conduit à l'éclair suivant. Je découvre à travers ça le plaisir d'oser rencontrer et d'oser quitter, de donner sans retenue et de recevoir sans retenue, d'arrêter de donner quand c'est fini et de ne plus recevoir sans inquiétude de manquer. Tout arrive quand j'en ai besoin ! C'est magique, je vous dis !
Tout est différent !
Le soleil: En tournicotant dans ma tête toutes les choses que je voulais vous dire comme je fais toujours dès que je n'ai plus écrit depuis un moment et que l'envie me prend de partager, j'avais pensé vous dire à quel point mon chemin ensoleillé n'avait rien avec celui où j'ai les yeux cadrés par ma cape et et fixés au sol dans les flaques d'eau. Et c'est vrai, mes quatre plus beaux jours de marche ont été ceux ou je me suuis élancée sous un ciel immense et bleu, vers un horizon dégagé, le nez au vent. A la place des limaces et des corneilles, des lézards brulants et des papillons multicolores. RIEN A VOIR, je vous dis ! J'ai meme eu le privilège d'un bon vent qui vous fait partir l'imaginaire en vrille et l'humeur en fleur ! Tout ça, quand on est seule, c'est pas la solitude, c'est être justtte un humble élément dans ce décor sacré.
Le Puy en Velay : Mais avec le temps qui passe j'ai aussi découvert un autre "tout est différent" ! Ce chemin n'arrête pas ses surprises. Ya pas deux jours les mêmes. En effet, je vous le disais, depuis le Puy en Velay mon chemin n'a plus rien à voir. C'est un autre concept, une autre expérience. La ou je devais sans cesse me débrouiller seule et compter sur les locaux pour un oui ou pour un non, je compte maintenant sur les autres pélerins. Un pélerin, depuis le Puy, les gens savent ce que c'est, c'est souvent un revenu, mais pas nécessairement quelqu'un avec qui partager un moment. Tout est prévu pour prévenir les moindres besoins du marcheur, jusqu'au petit café au milieu des champs. Je regrette vraiment les échanges insolites d'avant, l'aventure qui me pousse à me dépasser constamment, l'absence de sentiers battus, les opportunités à créer, voire à forcer. Mais je suis touchée pr cette petite communauté nomade que constituent les pélerins. Il n'y a plus de frontières de nationalité, d'age, de métiers ou de milieux sociaux, il n'y a que des gens en route, qui se débrouillent tant bien que mal avec leur poids sur le dos et/ou dans le coeur, leur bobos. On se refile tout entre nous, c'est impossible de manquer de quoi que ce soit, on se soutient parfois sur plusieurs jours, dans cette longue progression qui va dans le même sens pour tout le monde... Très unique, comme ambiance, très précieux !
Festival d'anecdotes !
Allez, il me reste un peu de temps, je ne résiste pas à vous envoyer un petit échantillon des flash insolites de ma route.
Vipère grenouillère : Au détour d'un chemin, à l'époque ou je me balladait encore seule dans les bois et les pierriers, je me suis trouvée nez à nez avec une vipère qui déguistait tranquillement une grenouillette. Brrrr Je me suis figée de peur ! Pas de doute, cette couleur argentée et cette tete triangulairer d'une tueuse, elle était à un mètre de moi au milieu du chemin. Dans une longue seconde d'hésitation, elle a fini par lâcher sa proie qui s'en est allée mollement ne bondissant, sans doute un peu sonnée. Et le serpent, est passé à quelques centimètre de mon pied pour regagner sosn repère. J'étais tout bonnement paralysée ! Et j'ai bien cru rester calée là. Quand j'ai raconté ça à des marcheurs, ils m'ont donné leur aspi venin en me faisant des gros yeux inquiets ! Je vous avoue qu'après l'avoir trimballé quelques jours, j'ai fini par ne faire don dans une gite ou l'autre... mmh heu, je compterai sur ma bonne étoile ou je me trancherai le bras (heu, ben, oui....! :)
Retrouvailles paternelles indirectes : Mon papa, qui a fai le chemin de st jacques en entier et en trois mois l'an passé m'a parlé de deux ou trois choses en tout pour résumer son voyage (selon son habitude helliptique !!) et notamment d'un couple qui s'était rencontré sur le chemin et qui avait décidé d'organiser toute sa vie pour accueillir des pélerins. Et il se fait que sans le savoir, je suis aller loger justement chez ces gens qui avaient le coeur sur la main. Ils ont acheté une maison exprès sur le chemin et l'ont aménagée pour pouvor accueillir tous les sooirs une dizaine de pélerins. Mais quand je dis accueillir, je ne mache pas mes mots, ils vous recoivent avec un repas de fete et vous consacrent toute leur soirée, pour le seul plaisir de vous rencontrer. J'avais rarement mangé aussi bien un soir de marche ! Et tout ça avec une réelle gratuité ! Vous participez aaux frais si vous le pouvez, si vous le voulez. Vous n'imaginez pas comme c'es touchant. Enfin bref, je me suis immédiatement souvenu de cet endroit dont m'avait parlé mon père et en recherchant dans les archives de leur livre d'or, on a retrouvé le mot plein de reconnaissance qu'avait laisssé mon papa, ainsi que sa photo, dans cet endroit magique... Hahahhaaa ! J'ai eu un effet de fantôme aux milieu des montagnes !
Les bubons de la peste : Très pratique mais non moins intriguant, (ames sensibles, s'abstenir) j'ai été victime d'un phénomène bien étrange. Vous n'ignorez pas qu'il y a de ça quelques jours je m'étais fait cramer lors du seul jour de soleil de ma première quinzaine. He bien figurez-vous qu'en marchant j'ai vu apparaitre des cloques de transpiration en dessous de ma peau... Je me suis retrouvée avec une peau de lépreuse plutot inquiétante...Avec mon bandeau sur la tete en guise de chapeau de soleil, je crois que j'ai effrayé pas mal de monde sur mon chemin. Je cadrais très bien en tout cas avec l'image du pélerin médiéval lépreux qui va implorer une guérison miraculeuse auprès du grand Saint ! Héhé
Joies matoooos : J'ai découvert dans un éclat de joie et après environs 15 jours de drache que mon sac disposait d'une housse contre la pluie intégrée dans un tout petit endroit discret ! Piou, ce sac est décidément une vraie bénédiction et je n'arrete pas de recevoir des ces éloges pour son coté pratique et son design discret. D'autre part, j'ai aussi reçu une nouvelle pairer de chausson pour me baton que j'use encore dix fois pllus que la semelle de mes godasses ! Ben oui, vu mes handicaps nombreux et répétitifs...
2 rangs 8 basses en fête : Au bout d'une magnifique étape, le fameux jour d'acceuil par le couple d'anciens pélerins (Marie et Jean Marc et leur fils Thibaut), j'étais toute repue d'un merveilleux repas et de rencontres en tous genres après des jours de solitude, voilà pas que j'apprends qu'il y a fête au village ce soir-là !! Ahaaa mais la fete, dans ces coins là, ca sent vite.... je vous le donne en mille..... l'ACCORDEON ! Je trépignais déjà d'impatience. Et ben en effet je me suis offert deux heures de concert gratoooos et festif sous les tilleuls du café du coin par deux frères accordéonistes qui jouaient sur les même accordéons que moi mais en 1000 fois mieux! J'étais aux anges... J'aurais bien pianoté quelques notes mais j'aurais du interrompre le bal improvisé qui s'est formé en plein milieu du seul carrefour du village ! Waouuuu !
L'aligot, spécialité du coin : ce midi j'ai gouté, dans un pti resto de l'Aubrac (plateau desertique et profondément splendide. Plaine immense et séchée, steppe quadrillée de murets en vieilles pierres ou paisse l'aubrac, élégante vache aux yeux gracieusement maquillés et à la queue à plumet) un aligot. C'est un truc parfait pour les pélerins : une purée élastifiée par de la tome fraiche et fondue... Ca tient au corps, ça je vous le dis et c'est délicieux !
Bon, on rigole on rigole, mais le temps passe, je dois vous laisser, à regret. J'ai confié à Edith quelques photos que je n'arrive pas à vous envoyer moi même... Je les commenterai à ma prochaine connection. Envoyez-moi de vos nouvelles, chers poulets et surtout passez un bel été !
Je reviens d'Ardèche où j'ai croisé, sur des sentiers bien pierrailleux comme on en fait là-bas, non pas des pélerins mais des marcheurs de GR, avec leur sac sur le dos, leurs mains bien agripées à leurs bâtons et toujours ce même regard déterminé... et evidemment ils m'ont fait pensé à toi sur ton chemin de St Jacques... Encore bonne route et bon courage pour la suite !
Oh yeah, qu'il est bon d'avoir de tes nouvelles après une 10aine de jours sans rien...
Quel plaisir de te lire, que de rencontres (insolites!), de partage, de souvenirs, d'aventure!
Y a une petite étoile qui veille sur toi de là haut... à mon avis, tu peux foncer sans risque!!!!
Continue à t'en prendre plein les yeux... d'ici là, mille et un bizouchhhh ptite anne reclé!
Hello mam'zelle !! Ca fait super plaisir d'avoir de tes nouvelles après cette longue période (faut pas croire mais tous les jours je vais guetter le blog histoire de voir ce que tu deviens :)).
Contente de constater que tu surmontes les difficultés avec bonne humeur et optimisme, et heureuse aussi que ton ange gardien ait décidé de faire la route avec toi :)
Je te souhaite plein de courage pour la suite de ton périple, je te souhaite de faire encore de belles rencontre et de toujours te remplir la tête et les yeux de cette formidable aventure :) Bizouilles !
Salut miss, quel partage exceptionnel d'expériences ! Je me réjouis de voir à quel point ta route devient aventureuse. Tu devras penser à faire éditer ton récit, on a l'impression d'être du voyage. Merci pour cette escapade !
Apres quelques jours de concerts et de camping francofou sauvach, c'est super de retrouver la suite de ton périple et de suivre toutes tes péripéties, il faut juste fermer les yeux pour etre avec toi, chapeau bas m'dam Reclé!!
Juste un petit com pour te souhaiter bon courage pour la suite... Je suis pas une fan de marche à pied, mais dans mon point i sans touristes grace au temps, ca me donnerait presuqe envie! Bises, Claire de Saint Haon le Chatel.
Une dizaine de silence...
Une belle vague de bonheur...
Belle continuation petite Pélerine jolie...
Ici Pops's, Pop's écoute ... (je reçois 5 sur 5).
Y'a encore plein d'autres adresses, mais tu verras par toi-même (suffit de pousser les portes !)