Publié le 19/08/2007 à 12:00 par atchenroute
Hello la Wallonie et autres bouts de France !
Ne vous inquiétez pas, je vis, je vis pleinement. C'est bien vrai que je vous ai laissés sans nouvelles mais j'ai poursuivi ma route, avec l'exclusivité qu'elle m'a demandée, avec son rythme haletant.
De plus en plus profond
J'ai vécu, lors de ces 2 semaines (si je ne m'abuse), encore de nombreuses aventures bien intenses ! Comme j'ai été naîve de croire, à Montcuq, que j'avais déjà presque fait le tour! Que j'avais eu une dose suffisante de cadeaux et d'épreuves. Je réalise à présent que j'allais seulement entammer les découvertes essentielles. C'est comme si tout, jusque là, n'avait été que préparation. Parce que chaque journée de marche est la suite de la descente en soi.
Bien sûr le paysage, le temps et les compagnons changent mais moi, je suis moi et je ne cesse de me découvrir dans mes ressources et dans mes failles ! Et là, les amis, c'est du lourd, croyez-moi ! C'est un chemin inattendu et dont les paysages sont parfois insoupçonnés. C'est parfois bien moche aussi, ce que je découvre en moi, difficile à admettre. Mais il était temps, plus que temps que je m'occupe de tout ça. C'est aussi parfois fragile et tendre... C'est riche, en somme ! Et grâce au chemin réel, je ne piétine pas, j'avance !
Guérison miraculeuse
Croyez le ou non, mon genou est guéri !!!! Vous n'imaginez pas ma fierté. Parce qu'en effet, après avoir appliqué à la lettre les conseils des médecins, des quidams, des ignorants bien intentionnés et des imbéciles heureux sans le moindre résultat, j'ai trouvé, moi toute seule, le moyen de me guérir, sans le moindre médoc ! Si si, vous avez bien lu.
Après 5 semaines de bonne volonté, j'ai réalisé que ce bon vieux genou me faisait mal mais surtout très peur. J'ai compris que s'il ne voulait pas guérir, il était peut etre là pour une bonne raison. J'ai réalisé qu'il ne faisait que traduire des douleurs et des peurs plus profondes, liées au chemin, à ce que suis. Je me suis donc occupée à me confronter à tout ça. C'est pas évident, bien sûr, mais dès l'instant ou j'ai pu identifier les parties en moi qui souffrent à travers ce genou et m'en occuper dignement, mon genou s'est guéri. Miracle ! Je ne prenais plus le moindre médoc ou précaution et je faisais à nouveau des étapes de 27km quand ça s'est guéri.
Quelle fierté pour moi de me guérir moi même, de savoir que mon corps s'est guéri seul, que la bienveillance et les pensées positives c'est pas du bidon!Ahaaa ! Aujourd'hui, je suis toujours vigilente mais je n'ai plus peur.
Saint Jean Pied de port et la suite
La je suis à Saint Jean Pied de Port. C 'est l'étape charnière entre la France et l'Espagne. Un lieu d'arrivée pour ceux qui viennent du Puy et qui en restent là et un lieu de départ pour tous les internationaux qui démarrent de là. Apparemment je dois m'attendre à rencontrer à partir de maintenant des nationalités du monde entier alors que jusque là, je ne voyais presque que des français.
A partir d'ici, je m'en vais vers le camino Frances, le chemin qui traverse l'Espagne par l'intérieur des terres. J'en ai normalement pour 30 jours exactement si j'en crois la vitesse moyenne calculée ici par l'énorme "industrie" jacquaire de la ville qui vient de m'accueillir et me donner tous les documents nécessaires pour l'Espagne. Ce sont eux aussi qui m'offrent un accès à internet. (limité, il me reste 15 min, là, quel stress). Je serai donc à Saint Jacques, si tout va bien, aux alentours du 20 septembre.
Oui, oui, vous voyez que je me suis tout de même raccrochée à l'idée d'aller jusque au bout. C'est pas la ville en tant que telle qui m'attire vraiment mais je sais à quel point c'est important d'avoir un but et d'entreprendre chaque journée en donnant le meilleur de moi pour atteindre ce but. Et d'entreprendre chaque journée en acceptant toutes les misères qui pourraient me retarder dans ce chemin.Ce qui m'importe vraiment, c'est de le faire à 100 pour 100, avec une foi totale dans ma capacité à donner le meilleur de moi, peu importe ensuite si j'y arrive réellement ou pas! (ce sont des idées simples et entendues mille fois mais ca m'est apparu tout évident et absolument concret, tout à coup, après vous avoir écrit, à Montcuq!)
Du solo au duo
Je viens de partager une semaine de marche avec Geof' à travers ces belles régions. Quel plaisir de passer tout à coup d'un périple en solo à un périple en duo. Ca n'a tellement rien à voir, que j'ai eu l'impression de prendre un peu de vacances par rapport à mon quotidien. C'est vrai, je prends énormément de plaisir, mais je ne peux pas dire que ce sont des vacances... Ca travaille ferme. Ici, avec Geof' c'était l'occasion de prendre un peu de distance avec moi même et de profiter sous l'angle de celui qui redécouvre...
Bon je dois filer... Je vous laisse et essaie de vous retrouver dans la journée ou demain éventuellement !
Biz
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Publié le 04/08/2007 à 12:00 par atchenroute
Bonjour à tous, très chers !
Tout ce temps qui nous a séparés !! c'est guerre facile de vous laisser si longtemps sans nouvelles... Je vois chaque jours des paragraphes pour vous se former dans ma tête et s'ils ne peuvent pas trouver clavier à leur doigts, ils s'impatientent et disparaissent... C'est vraiment frustrant!
L'équipement en internet de tous les gîtes devrait être un must ! Non, c'est vrai, je veux bien me passer de micro-ondes, mais pas de vous! Maintenant, j'ai denouveau quelques minutes tout au plus pendant lesquelles je reçois tous vos messages touchants... C'est tellement bon que c'en est presque indigeste! Et puis me faut me concentrer ferme pour vous donner le maximu, l'essentiel.... Dieu que c'est intense !
Au terme de ce premier mois, j'ai plutot envie de prendre le temps avec vous...
Ou suis-je ?
Tout d'abord et pour mon plus grand plaisir, JE SUIS A MONTCUQ !!! Ahahaa j'ai bien ri depuis longtemps à l'idée de passer ici... Ca y est, j'y suis. Je sais c'est facile mais admettez qu'on peut s'amuser quelques temps tout de même... Non, il ne faut pas oublier (de prononcer) le Q, c'est important!
Ce charmant villageon (tout de même chef lieu du canton, attention... on ne rigole pas de Montcuq) se situe au sud de Cahors et est comme toute la région du Lot une pure merveille ! Je suis en pause pour un jour ici en attendant de retrouver mon amie québecquoise pour continuer une partie de la route ensemble. Je vais donc, à loisir, cet après midi, découvrir Montcuq, son centre historique, son plan d'eau etc (tout de même, c'est cocasse, non ?... Bon)
Le Lot... Quand j'aurai de l'argent j'y achèterai une maison*
Je suis donc dans le Quercy blanc dans le Lot... c'est vraiment une région splendide ! Je la traverse par des chemins de terre rouge à travers des champs de hautes herbes déssechées. Cette fois, c'est vraiment le sud ! J'ai marché hier sur des chemins tranquilles voire perdus en pleine campagne. Chemin de cailloux blancs qui reflètent la lumière du soleil et rende le paysage éclatant comme une mariée. Les chemins sont bordés de forets de chênes tordus et de murettes moussues qui rafraichissent l'atmosphère brûlante. On trouve ça et là des caselles écroulées pleines de charmes. Sauvaaach et tranquille ! mmmmh
Epicurisme ou ascétisme ?
Pi, dans le coins, ckiè bien, aussi, c'est la bouuuufffe ! Sont vraiment forts, ici ! Ils vous font des fromages en tous genres, pates dures, pates molles, tous les jours, au petit matin, je me choisis une petite tranchette pour le pic nic en prenant soin de découvrir du neuf à chaque fois...Y a pas 5 jours, j'en étais à ma 3e découverte de vache à pate molle, sans jamais me lasser... Vous savez, à la fois frais et crémeux et qui enfle sous la lame de l'opinel... Chaque midi c'est une fête !
Puis les spécialités, les riettes, le foie gras (bon je me suis abstenue, là, mais je sais qu'il est délicieux) le melon tendre et parfum, du vin... tendre et parfum. Je me régale... les rissoles aux pruneaux (sorte de gosette sablée fourrée aux pruneaux... Et là en plus, j'ai totale bonne conscience puisque c'est pour le bon fonctionnement de mon transit intestinal qui, vous vous en doutez est parfois bien malmené avec tout le pain blanc que j'amalgame!)
NOn, faut plus s'inquiéter pour moi, je m'arrondis à vue d'oeil avec tous ces petits plaisirs. On fera disette en Espagne ! Quant à l'élévation spirituelle, elle ne s'en porte que mieux !
Soooooooooooleeeeeeeeiiiiiiiiil
Vous l'aurez compris, le temps s'est très très clairement amélioré. Il fait maintenant comme il devrait faire à cette époque, c'est-à-dire plein soleil et ciel bleu, méditéranéen. Je me rissole, moi aussi, je vous assure, je l'ai bien mérité. D'après la météo, ca doit durer... Mais si on devait croire la météo, je suis à Saint Jacques à la fin de la semaine, hein!
Par contre je dois faire super gaffe à boire suffisamment et avec ma réserve d'un litre, ça implique de demander de l'eau aux portes presque toutes les 2heures. C'est un chouette moyen pour entrer en contact avec les gens et lancer une papotte sur l'endroit, le temps ou le potager. J'ai croisé comme ça un brave Michel Galabru que je complimentais pour son superbe potager rempli à craquer de plein de bons légumes. Il m'a répondu tout triste qu'il n'y avait plus personne pour le manger... Il était le dernier au hameau qui contenant 10-12 maisons... toutes vides ! J'y serais bien restée, moi, dans son paradis ! Mais la mondialisation, tout ça,... vous savez...
Une étape difficile
Comme je vous l'avais dit, l'étape du Puy à Conques est vraiment très fréquentée et haletante. Je suis donc arrivée à Conques par la vertigineuse descente aux enfers, comme le veut le GR 65 que nous suivons depuis le Puy et me suis tout simplement achevé les genoux.
Je me suis écroulée là, dans cette villette historique et touristique à plus pouvoir y vivre. Toute médiévale et accrochée au flan de la vallée, elle est pleine de charme pour qui y vient en voiture et pour un jour. Pour moi, elle a ressemblé à une fourmillère qui se serait mise au commerce et à l'artisanat.
Complètement épuisée et surtout très inquiète pour ce genou qui ne voulait pas guérir et pour les étapes à venir (toutes de 25km minimum), assaillie par les pélerins rencontrés qui y allaient chacun de leur petit conseil ("Ah, oui, ça, les tendons, ça pardonne pas... Si vous vous croyez de fer, c'est raté ! Faut pas badiner avec ça. Arrêtez-vosu ou c'est dans une semaine que vous rentrerez chez vous...Mettez-vous le genou au frais, que diable ! Non, c'est des pommades chauffantes qu'il vous faut ! Pas de thé ni de café! Surtout buvez ! Grrrrrrrrrr !") ou de leur compassion (dont je ne savais plus que faire), j'ai fini par trouver un peu de calme au cimetière où j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps avant de m'endormir pour deux bonnes heures, comme une enfant, au milieu des tombes.
Original ? Oui, mais efficace! Une fois calmée et reposée, une fois que j'ai recouvré un vrai silence, que j'ai à nouveau pu entendre mon intuition propre, mon idée sur la chose et faire taire toutes les réflexions entendues, j'ai fini par voir les choses avec sérénité. Je n'avais pas plus d'idée sur ce qu'il fallait faire, mais j'avais le calme et la confiance nécessaire pour faire un bon choix, au bon moment.
C'est étrange, dans ces cas-là, ce n'est pas la solution qui importe vraiment c'est de retrouver un état dans lequel on sera suffisamment ouvert et confiant pour aborder la réalité. C'est souvent à ce moment que la solution se présente, d'elle-même, toute simple et toute lumineuse, venue d'ailleurs.
Ca a été le cas. Une dame est arrivée près de moi pour me donner des patchs d'anti-douleur et d'anti-inflammatoire à garder 24h d'affilée et qui diffusent en continu. Je savais qu'avec ça, je pourrais faire mes longues étapes jusqu'à Figeac ou j'avais l'espoir de pouvoir m'arrêter si ça ne s'améliorait pas. C'était tout simplement parfait pour ne pas devoir rester dans cette cloche à touriste qu'était Conques.
Pour couronner cette paix du soir, j'ai eu droit, moi qui suis sontamment en manque de musique, à un merveilleux concert de chant sacré, en nocturne, dans la cathédrale de Conques, orgue et chant contre-ténor... Vous savez, ce genre de douceur onirique qui vous fais vous envoler entre tendresse et souvenirs. mmmmh ! Cadeau!
Pause paradisiaque de 3 jours au Moulin
Trois étapes après Conques la fougueuse, j'ai eu le plaisir de me reposer dans la maison des parents de mon ami Ben. Je me suis totalement égarée le matin, en quittant Figeac et en reprenant le GR dans l'autre sens, oui, vous avez bien compris, vers le Nord ! Je remontais sur mes pas, sans même m'en rendre compte tant il y a un embrouillamini de GR et de balisage dans ce coin là. Ca c'est vraiment la PIRE des PIRES chauses qui peut arriver à un marcheur. En tout cas, je me suis mise dans une sacrée colère en refaisant dans l'autre sens les 7 km déjà fait la veille !
Bon, j'étais d'autant plus exhaltée quand je suis arrivée au Moulin des parents de Ben, perdu dans la campagne. Quatre anciennes batisses semées autour d'un bassin d'eau bleue verte et glacée. Sa famille m'accueille en toute simplicité entre deux coups de marteau sur l'isolation d'un des batiments. La maison d'amis dans laquelle je suis reçue est rénovée avec gout, elle est remplie de livres, d'objets de charme et de tableaux. C'est superbe et je laisse flaner là mon regard pendant trois jours magnifiques.
Quel calme, quel silence. Hormis les cigales qui se donnent à fond, le petit buson égaré et la truite qui saute au bassin, c'est le silence et la paix. Oui, bon, c'est vrai, il y a bien, un certain monsieur Labuche, bûcheron de la région, amateur de pastis à la dent pourrie et au tatouage abondant qui vient troubler la sérénité du lieu en jurant que si on le laissait faire la colline serait rasée en moins de 3 mois, poteaus électriques y compris.
Je me repose, donc, goute aux délices des produits locaux, grace au savoir-cuisiner de la maman de Ben, découvre la région dans la Renault 4L du papa de Ben et aide, à peine, à vider les granges en travaux. Le paradis, quoi ! Merci encore à vous, Coussy, pour cet accueil chaleureux!
Les leçons se font plus profondes après un mois :
Au terme de ce premier mois, je me sens parfois fatiguée. Il me semble que j'ai déjà traversé plein d'épreuves et reçu mille cadeaux. Et comme mon tempérament veut que je les vive plein gaz, je suis un peu hors d'haleine, à présent.
Je continue maintenant ma route en Quercy et je ressens une nouvelle solitude. La grosse foule entre le Puy et Conques est passée. Il reste des pélerins mais beaucoup moins et je n'en connais plus aucun. C'est une sorte de deuil, mais c'est bien aussi. Ca m'a demandé de nouveaux efforts d'adaptation, mais c'est ça le chemin, pas d'habitude, toujours s'adapter, vivre chaque moment au présent. J'ai lu hier cette belle phrase qui me porte :
Le passé c'est l'histoire,
L'avenir c'est le mystère
Aujoud'hui est un cadeau, c'est pourquoi on l'appel présent.
Et ça, amis, c'est parfois une sacrée épreuve d'avoir le courage de prendre tout ce qui vient comme un cadeau. Il n'y a pas deux jours les mêmes, sur ce chemin. Je dois me passer d'habitudes, qui sont parfois si rassurantes, je n'ai pas de pied-à-terre ou planter mes racines ni de compagnon qui seront toujours là, au même endroit pour m'attendre à mon retour...Il est bien dynamique mon présent, mais c'est la seule réalité, la seule vérité dont je peux faire ce que je veux : soit je l'acceuille et le dépasse, soit je le refuse et je cale!
Pourtant, je réalise combien ce que je vis pour l'instant, cette itinérance, cette solitude, cette absence de racines est fondatrice pour la suite de ma vie. C'est maintenant que je fais le plein de cadeaux, de liberté, de découverte, d'expériences toujours neuves, de victoires et d'épreuves. Je constitue une réserve de matières premières pour les constructions futures ! tadaaaaaaaaam !
La suite
Mon genou, bien reposé au Moulin, s'est réveillé dès la première étape de marche, pourtant plate et pas très longue. Je commence très sérieusement à soupçonner mes chaussures dans lesquelles je suis vraiment bien, mais qui impliquent puet-être une posture qui fait travailler mes genoux d'une mauvaise façon. Je ne pense pas en acheter des nouvelles car c'est le meilleur moyen de m'offrir de nouvelles complications. Je me fais donc à l'idée de marcher jusqu'au bout avec mes douleurs au genou. Pour la douleur, ça ne me gène pas trop, je veux juste veiller à ne pas griller définitivement mon genou.
Je m'apprète donc à ne pas arriver jusque à St Jacques et peut être à devoir écourter mais c'est ici, typiquement, un cas où il ne faut vivre que le présent et poser les questions au fur et à mesure. Ne pas se laisser gagner par des a priori qui ne sont pas d'actualité !
Bon allez, assez ri, je vous embrasse tous de tout mon coeur et vous remercie pour tous vos messages personnels qui me font tellement plaisir! Je les lis et les imprime dans ma tête pour les machouiller tout le long du chemin.
OLIN : Je te souhaite un MERVEILLEUX anniversaire... Je ne t'ai pas oublié et j'ai très fort pensé à toi de tout mon coeur ! Je te souhaite de belles leçons de musique, de belles leçons de vie, cette année, je te souhaite de nouveaux horizons pour ta belle âme !
Peux-tu me renvoyer ton numéro fixe, j'ai perdu en chemin mon mini annuaire avec tous vos numéros et je ne peux plus appeler personne !
* Chers amis des délicieuses vacances dans le Lot ya au moins 5 ans bonjour ! Les bois de chênes et les petites girolles cachées dessous, Les caselles, Saint Cirq la Popie et son Gourmet Quercynois, le fromage au safran, les chiens avec un oeil bleu et un oeil vert, Le beau Lot et ses kayaks... m'ont fait pensé à notre délicieuse escapade. Le chemin figurez-vous passe par Béduer, le petit village à l'ambiance décontrac' (à prononcer comme notre proprio, en articulant bien les n et les e) et j'ai marché tous mes pas avec chacun de vous dans mes souvenirs ! Plaisirs !
Publié le 25/07/2007 à 12:00 par atchenroute
Très chers,
Je vous avais écrit une petite bafouille à ma façon et au dernier clic pour vous l'envoyer, elle a disparu... GRRRRR de GRRRRR ! Je ne hais pas l'informatique, je la remercie de m'aider à contrôler mes mouvements d'humeur !
Il y était question de pluies diluviennes, voire sub-diluvienne, de rideaux de pluie épaissement crochetés, de draches incessantes et toutes mouillées, je crois. Oui, c'est ça, je devais sans doute être en train de maudire ce pays et ses météorologistes maladroits (Claire, je crois que le paysan de Saitn Haon le Chatel avait raison, on est condamnée à ployer sous le fardeau de la pluie, toi coincée dans ton bureau de tourisme déserté et moi, bloquée sous des vaches qui pissent !).
Je me souviens aussi vous avoir parlé un peu de ma santé. Avec l'humidité qui est revenue depuis quelques jours, mon genou, mes ligaments et mes tendons se sont réveillés. Je suis vraiment obligée de faire une croix sur les belles avancées de 25 km "à la paternelle". (Non, mais c'est vrai, c'est tout de même vexant, il a fait ce chemin à 60 ans et s'est offert des étapes de rien moins que 35 km de moyenne...Bon allez, chacun sa route, finalement !). Je dois donc faire super attention pour ne pas bloquer ma situation et prendre le temps. Je n'arriverai peut-être pas au bout mais j'entends de plus en plus d'écho effrayant sur la partie du chemin en Espagne... Finalement, suis pas sûre de vouloir me lever tous les matins à 4h et courir comme une dératée pour être sure d'avoir une place dans un gite, avant les touristes... mh ? Super la démarche !
Puis je vous ai raconté mon dernier coup de coeur... Une grange pélerine. Tout-à-fait inédit ! C'est une grange, tout ce qu'il y a de plus normale, un grand espace rempli de foin et couvert de taule ondulée. Un peu partout des anciens outils, un peu de vaisselle dépareillée, quelques anciennes photos, une étagère en planches avec quelques bouquins, un feu, dans un coin, et une grande tablée, au milieu de tout ça. Voilà, vous avez l'endroit parfait pour accueillir le pélerin qui passe, détrempé par des torents de pluie et suffisamment simplifié par la route pour prendre le lieu comme un palace ! Je m'y suis arrêtée pour le midi et j'ai eu toutes les peines du monde à m'en extraire tellement je m'y suis sentie accueillie comme chez moi par un historien croisé juriste, ancien pélerin de Jérusalem et sa fille Aline, tout sourire.
J'y ai partagé le repas de midi, puis comme il douchait à sceaux, qu'on était si bien, on a fait quelques crêpes, on a encore grignoté une fou(g)asse (une patisserie spéciale du coin qui goute la brioche mais en plus costaud) et bu un bon café, tout en devisant de sujets les plus passionnants. C'est là que, tout à coup, le maitre des lieux s'est souvenu qu'il avait un accordéon diationique, caché dans le fatra de sa grange, le même que moi en métallique ! Ahaaaaaaaa ! On se l'est échangé pendant une demi heure, alternant ses bourrées folklo locales et les quelques pianotages dont j'ai pu me souvenir avec les cordes de pluies qui tambourinnaient sur la taule, ça a fait un fameux concert !
J'ai eu toutes les peines du monde à me décrocher de cet endroit simple et magique ou il arrivait toutes les 5 minutes un pélerin imbibé jusqu'à l'os qui se joignait à nous. Tout ça pour rejoindre un de ces gites bondé et impersonnels où des (pélerins)vacanciers d'un jour font leur popotte dans leur coin. C'était di-vin et comme toujours, dans ces cas-là, j'oublie de prendre des photos... Tampis, c'est dans ma tête !
Bon, je vous laisse et cours aux km qui m'attendent déjà. N'hésitez pas à faire signe, pour l'instant j'ai un petit creu, puis je vous aime bien, hein !
Publié le 24/07/2007 à 12:00 par atchenroute
Magnifique balcon avec vues sur vallées, à gauche et à droite
Publié le 22/07/2007 à 12:00 par atchenroute
A bien y regarder, je trouve que j'ai un petit air des vaches d'aubrac, ce caractère, cet détermination, mh ? manque que la queue à plumet... Heu bon. Un jour j'y arriverai
Publié le 22/07/2007 à 12:00 par atchenroute
Je contemple l'immensité du trajet encore à parcourir...
Ultreia!, et sus eia, Deus adjuva nos ! comme dit la chanson du pélerin "va plus loin, va plus haut, Dieu, aide-nous !"
Publié le 22/07/2007 à 12:00 par atchenroute
Le genou en compote et la bouteille, tout y est !... Hé non, il manque le sac, me direz-vous. Très juste, c'est un détail non-néglieable, on voit que vous suivez. Mais je suis en repos forcé, là, du coup je vais un peu me balader, logique !
Publié le 22/07/2007 à 12:00 par atchenroute
Mes très chers, me voici enfin de retour, avec des milliers de choses à vous partager...J'ai ma petite liste, en espérant pouvoir tout vous dire... Je vais essayer de trier le plus marquant ! Tout est si différent, j'en ai encore vu de toutes les couleurs depuis ma dernière connection! Alors prêts ? On y va !
Une suite de bonnes rencontres
Comme je vous disais, on n'arrête pas d'en rencontrer, des gens, de toutes les couleurs, de tous les styles, de toutes les formes et de tous les âges. C'est passionnant et surtout sans ça, ça ne vaut pas le coup !
Les soeures de Montbrison et la médecine à domicile[/u] : Comme je vous l'avais dit, j'ai fait une étape tourmentée au monastère. Je sentais ce genou qui ne daignait pas se remettre et qui jouait les mauvaises têtes ! Le carrefour était fatal : je repars et je risque de me griller définitivement le tendon ou je reste là à trainer comme une âme en peine. Au moment ou vraiment ou je ne voyais plus clair et que je ne trouvais pas l'action juste, perdue quelque part sur le chemin, je vois arriver à l'hotellerie du monastère un couple de pèlerins dont la dame était médecin et avait entendu parler de mes misères sur le chemin. Avant même de me voir, elle avait acheté tout le nécessaire pour me soigner et d'un air convaincu m'a relancée le lendemain sur le chemin me recommandant de courtes étapes ! Vous voyez ? Faut juste demander en fixant très intensément le ciel et... on reçoit ! Je me suis sentie ce jour là tellement rassurée et pleine de gratitude que je crois bien qu'il y avait des étincelles qui sortaient de mes yeux... Merci encore, Anne-Marie et Pierre, figurez-vous que mon bandage dont je prends grand soin est toujours en place... Je joue au record du monde du bandage le plus sale et le plus puant, gardé le plus longtemps, mais qu'est-ce qu'il était bien fait ! Votre rencontre a été une petite lumière sur mon chemin !
Un peintre en ébulition : Le lendemain de mon redépart, j'ai été accueillie par une personnalité hors du commun... Un peintre de 69 ans, qui retappe sa maison, aveugle d'un oeil et myope de l'autre et qui a pourtant un coup de pinceau tout en précision et en sensibilité, une énergie hors du commun, un gout pour la vie exceptionnel. Dans sa maison encore en chantier, il m'a accueillie comme une (petite) fille, tout en papotant, distrait et passionné au point que je me suis retrouvée aux fourneau et à la vaisselle comme dans ma propre maison, à l'aise et épanouie. Et ça, il l'a fait pour le plaisir d'accueillir, de rencontrer, il ne m'a pas laissé lui donner un rond quand je suis repartie le lendemain... La vie est gratuite, au fond, on ne paie pas pour être là !
Edith et Willy ou la pause dolce vita : Et oui, quelques jours après seulement, je retrouvais mes supers cocos, Edith et Willy en vacances douceur à quelques dizaines de km de mon chemin. J'ai eu la joie de partager une salade de gésiers aux chaussons au st Nectaire, le rythme des siestes et biberons, pour une journée, m'a convenu à merveille! Le déjeuner qui s'éternise sous le parasol, le pti café chocolat qui traine tout l'après-midi et les jeux de société, j'avais oublié que ça existait ! Pour un instant, laisser se reposer mon "pti débrouillard" qui fonctionne plein gaz pendant cette aventure...trouver ou dormir, trouver de quoi manger, me protéger du soleil, des mauvais gens, bien dormir, dépenser peu, veiller sur mon genou ...Il a fait dodo, celui-là, il a récupéré ! Mmmmh ! J'ai même eu le plaisir de partager une étape avec Edith le lendemain, une vraie étape du Chemin avec la vraie balise à suivre (et ça c'est défi!), parfait !
Couple de pèlerins "gaveurs" dans un gite : voilà quelque chose qui depuis le Puy en Velay, départ d'une 50aine de pélerins par jours en été ne me parait plus du tout exceptionnel mais, là, la semaine passée, quand j'ai rencontré Marie-Odette et Jacky qui s'exercaient pour faire le chemin en aout et que, pour la première fois, je n'ai pas dormi toute seule dans le gite, là, j'en ai plein le coeur. Le plaisir de partager le pic-nic, d'entrer en contact comme ça, tout simplement, comme s'il n'y avait rien de plus naturel, c'est assez exceptionnel!
Toutes ces rencontres, c'est à chaque fois tout un monde qui s'ouvre, un éclair d'intensité qui conduit à l'éclair suivant. Je découvre à travers ça le plaisir d'oser rencontrer et d'oser quitter, de donner sans retenue et de recevoir sans retenue, d'arrêter de donner quand c'est fini et de ne plus recevoir sans inquiétude de manquer. Tout arrive quand j'en ai besoin ! C'est magique, je vous dis !
Tout est différent !
Le soleil: En tournicotant dans ma tête toutes les choses que je voulais vous dire comme je fais toujours dès que je n'ai plus écrit depuis un moment et que l'envie me prend de partager, j'avais pensé vous dire à quel point mon chemin ensoleillé n'avait rien avec celui où j'ai les yeux cadrés par ma cape et et fixés au sol dans les flaques d'eau. Et c'est vrai, mes quatre plus beaux jours de marche ont été ceux ou je me suuis élancée sous un ciel immense et bleu, vers un horizon dégagé, le nez au vent. A la place des limaces et des corneilles, des lézards brulants et des papillons multicolores. RIEN A VOIR, je vous dis ! J'ai meme eu le privilège d'un bon vent qui vous fait partir l'imaginaire en vrille et l'humeur en fleur ! Tout ça, quand on est seule, c'est pas la solitude, c'est être justtte un humble élément dans ce décor sacré.
Le Puy en Velay : Mais avec le temps qui passe j'ai aussi découvert un autre "tout est différent" ! Ce chemin n'arrête pas ses surprises. Ya pas deux jours les mêmes. En effet, je vous le disais, depuis le Puy en Velay mon chemin n'a plus rien à voir. C'est un autre concept, une autre expérience. La ou je devais sans cesse me débrouiller seule et compter sur les locaux pour un oui ou pour un non, je compte maintenant sur les autres pélerins. Un pélerin, depuis le Puy, les gens savent ce que c'est, c'est souvent un revenu, mais pas nécessairement quelqu'un avec qui partager un moment. Tout est prévu pour prévenir les moindres besoins du marcheur, jusqu'au petit café au milieu des champs. Je regrette vraiment les échanges insolites d'avant, l'aventure qui me pousse à me dépasser constamment, l'absence de sentiers battus, les opportunités à créer, voire à forcer. Mais je suis touchée pr cette petite communauté nomade que constituent les pélerins. Il n'y a plus de frontières de nationalité, d'age, de métiers ou de milieux sociaux, il n'y a que des gens en route, qui se débrouillent tant bien que mal avec leur poids sur le dos et/ou dans le coeur, leur bobos. On se refile tout entre nous, c'est impossible de manquer de quoi que ce soit, on se soutient parfois sur plusieurs jours, dans cette longue progression qui va dans le même sens pour tout le monde... Très unique, comme ambiance, très précieux !
Festival d'anecdotes !
Allez, il me reste un peu de temps, je ne résiste pas à vous envoyer un petit échantillon des flash insolites de ma route.
Vipère grenouillère : Au détour d'un chemin, à l'époque ou je me balladait encore seule dans les bois et les pierriers, je me suis trouvée nez à nez avec une vipère qui déguistait tranquillement une grenouillette. Brrrr Je me suis figée de peur ! Pas de doute, cette couleur argentée et cette tete triangulairer d'une tueuse, elle était à un mètre de moi au milieu du chemin. Dans une longue seconde d'hésitation, elle a fini par lâcher sa proie qui s'en est allée mollement ne bondissant, sans doute un peu sonnée. Et le serpent, est passé à quelques centimètre de mon pied pour regagner sosn repère. J'étais tout bonnement paralysée ! Et j'ai bien cru rester calée là. Quand j'ai raconté ça à des marcheurs, ils m'ont donné leur aspi venin en me faisant des gros yeux inquiets ! Je vous avoue qu'après l'avoir trimballé quelques jours, j'ai fini par ne faire don dans une gite ou l'autre... mmh heu, je compterai sur ma bonne étoile ou je me trancherai le bras (heu, ben, oui....! :)
Retrouvailles paternelles indirectes : Mon papa, qui a fai le chemin de st jacques en entier et en trois mois l'an passé m'a parlé de deux ou trois choses en tout pour résumer son voyage (selon son habitude helliptique !!) et notamment d'un couple qui s'était rencontré sur le chemin et qui avait décidé d'organiser toute sa vie pour accueillir des pélerins. Et il se fait que sans le savoir, je suis aller loger justement chez ces gens qui avaient le coeur sur la main. Ils ont acheté une maison exprès sur le chemin et l'ont aménagée pour pouvor accueillir tous les sooirs une dizaine de pélerins. Mais quand je dis accueillir, je ne mache pas mes mots, ils vous recoivent avec un repas de fete et vous consacrent toute leur soirée, pour le seul plaisir de vous rencontrer. J'avais rarement mangé aussi bien un soir de marche ! Et tout ça avec une réelle gratuité ! Vous participez aaux frais si vous le pouvez, si vous le voulez. Vous n'imaginez pas comme c'es touchant. Enfin bref, je me suis immédiatement souvenu de cet endroit dont m'avait parlé mon père et en recherchant dans les archives de leur livre d'or, on a retrouvé le mot plein de reconnaissance qu'avait laisssé mon papa, ainsi que sa photo, dans cet endroit magique... Hahahhaaa ! J'ai eu un effet de fantôme aux milieu des montagnes !
Les bubons de la peste : Très pratique mais non moins intriguant, (ames sensibles, s'abstenir) j'ai été victime d'un phénomène bien étrange. Vous n'ignorez pas qu'il y a de ça quelques jours je m'étais fait cramer lors du seul jour de soleil de ma première quinzaine. He bien figurez-vous qu'en marchant j'ai vu apparaitre des cloques de transpiration en dessous de ma peau... Je me suis retrouvée avec une peau de lépreuse plutot inquiétante...Avec mon bandeau sur la tete en guise de chapeau de soleil, je crois que j'ai effrayé pas mal de monde sur mon chemin. Je cadrais très bien en tout cas avec l'image du pélerin médiéval lépreux qui va implorer une guérison miraculeuse auprès du grand Saint ! Héhé
Joies matoooos : J'ai découvert dans un éclat de joie et après environs 15 jours de drache que mon sac disposait d'une housse contre la pluie intégrée dans un tout petit endroit discret ! Piou, ce sac est décidément une vraie bénédiction et je n'arrete pas de recevoir des ces éloges pour son coté pratique et son design discret. D'autre part, j'ai aussi reçu une nouvelle pairer de chausson pour me baton que j'use encore dix fois pllus que la semelle de mes godasses ! Ben oui, vu mes handicaps nombreux et répétitifs...
2 rangs 8 basses en fête : Au bout d'une magnifique étape, le fameux jour d'acceuil par le couple d'anciens pélerins (Marie et Jean Marc et leur fils Thibaut), j'étais toute repue d'un merveilleux repas et de rencontres en tous genres après des jours de solitude, voilà pas que j'apprends qu'il y a fête au village ce soir-là !! Ahaaa mais la fete, dans ces coins là, ca sent vite.... je vous le donne en mille..... l'ACCORDEON ! Je trépignais déjà d'impatience. Et ben en effet je me suis offert deux heures de concert gratoooos et festif sous les tilleuls du café du coin par deux frères accordéonistes qui jouaient sur les même accordéons que moi mais en 1000 fois mieux! J'étais aux anges... J'aurais bien pianoté quelques notes mais j'aurais du interrompre le bal improvisé qui s'est formé en plein milieu du seul carrefour du village ! Waouuuu !
L'aligot, spécialité du coin : ce midi j'ai gouté, dans un pti resto de l'Aubrac (plateau desertique et profondément splendide. Plaine immense et séchée, steppe quadrillée de murets en vieilles pierres ou paisse l'aubrac, élégante vache aux yeux gracieusement maquillés et à la queue à plumet) un aligot. C'est un truc parfait pour les pélerins : une purée élastifiée par de la tome fraiche et fondue... Ca tient au corps, ça je vous le dis et c'est délicieux !
Bon, on rigole on rigole, mais le temps passe, je dois vous laisser, à regret. J'ai confié à Edith quelques photos que je n'arrive pas à vous envoyer moi même... Je les commenterai à ma prochaine connection. Envoyez-moi de vos nouvelles, chers poulets et surtout passez un bel été !
Publié le 17/07/2007 à 12:00 par atchenroute
Bien résolue à chasser les mauvais temps que je viens d'affronter depuis 14 jours avant le Puy, je suis partie du Puy au tout petit potron minet... Sur l'impulsion de ma première compagne de marche rencontrée hier au gîte. Et visiblement, le temps a plutot l'air de vouloir nous sourire !
Publié le 15/07/2007 à 12:00 par atchenroute
Le matin de mes retrouvailles avec Edith et Willy ! Je ne sais même pas comment j'ai réussi à me concentrer pour prendre cette merveilleuse photo tellement j'étais impatiente ! J'ai aussi eu le courage juste après de faire une petite heure de cueillette de myrtilles, pour mes amis... Exploit !